Splendor

D’abord Splendor est née sans être désirée ni même attendue sur les ruines d’un quatuor à cordes désiré et élaboré et qui, lui, ne prenait pas. Il m’a fallu, telle quelle, la reconnaître et lui céder la place.

Splendor signifie, au sens propre du Latin : l’éclat. Par excellence le feu brillant du soleil, le soleil en face, celui qui sature le regard et immerge l’entendement, inhibe la prise qu’ils exercent sur les choses, aveugle, fascine.

Sans doute cette musique propose-t-elle d’écouter au présent. Faire insister le présent. Chaque instant ici est son propre commencement, sa propre fin. Des commencements qui finissent, des fins qui commencent. Un flux tenace de commencements et de fins resserrés, enlacés pour qu’insiste le présent.
Et demeurer là, dans la foule de ce qui littéralement se présente sans hiérarchie.

Sans doute propose-t-elle encore de faire vibrer la mémoire autrement que sur le mode littéraire, celui du langage, pour lequel ce qui se présente est accumulé/ordonné en vue de produire le sens.
Expérimenter l’insensé en musique. Le senti plutôt que le sensé. Lâcher prise (au risque d’être égaré ?). Consentir à ce qui arrive ; l’oreille musicale permet cela.
Play it by ear.

Et puis il y a cette note étrange de Peter Handke, dans son journal : « Une journée pleine de souvenirs inexplicables comme des secousses dans son déroulement, mais qui en font partie. »

Ecoutez Splendor d’Igor Ballereau (Ensemble Accroche Note – Francesco La Licata)

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