Silence : À la limite du son

« … on veut entrer dans la chair du son, voir ses veines, voir les plus petites pulsations, les plus minimes puisqu’on y cherche aussi les traces de cette graine de finitude. Quelque chose annonce dans l’objet sonore lui-même son éventuelle faillite, son éventuelle disparition, le fait qu’il va nous manquer, qu’il va s’absenter, qu’il va partir. C’est une réflexion sur la mort faire la musique comme ça, aussi, constamment. C’est : on est quitté par les choses, on est quitté par les objets. Et il y a une beauté de cette expérience qui tient aussi dans l’instant même où l’objet est là. Il est là. Il est physique. Il est très concret. Il est vivant. Il a une pulsation interne. C’est presque un organisme un objet sonore. C’est ce qui a fini, pour moi, par isoler les objets sonores du discours dans lequel ils étaient emportés et enchâssés les uns dans les autres. Ils ont fini par avoir une existence, alors, un peu comme des fantômes, c’est vrai, comme ça, qui apparaissent du néant et qui, dans une sorte de lumière irisée, comme ça, flottent un instant et montrent tout le raffinement de leur structure interne avant d’expirer dans le silence et peut-être, peut-être, c’est ce que j’espère, de lancer un appel qui est pris en charge par le son qui arrive, le son suivant. »

Extrait de l’entretien Igor Ballereau/Clément  Lebrun pour son émission Le cri du patchwork sur France Musique,  le 4 octobre 2014

Pour ceux qui le souhaitent : l’intégralité de cet entretien (30 mn)

 

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